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Publié : 15 février 2012

Chants

Dans le cadre de notre projet Itinéraire pour la paix et de celui de l’éducation artistique (éducation musicale et histoire des arts), nous proposons aux élèves l’apprentissage de chansons.

Nuit et Brouillard - Jean Ferrat

- Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
- Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
- Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
- Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

- Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres
- Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
- Dès que la main retombe il ne reste qu’une ombre
- Ils ne devaient jamais plus revoir un été

- La fuite monotone et sans hâte du temps
- Survivre encore un jour, une heure, obstinément
- Combien de tours de roues, d’arrêts et de départs
- Qui n’en finissent pas de distiller l’espoir

- Ils s’appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
- Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
- D’autres ne priaient pas, mais qu’importe le ciel
- Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

- Ils n’arrivaient pas tous à la fin du voyage
- Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
- Ils essaient d’oublier, étonnés qu’à leur âge
- Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

- Les Allemands guettaient du haut des miradors
- La lune se taisait comme vous vous taisiez
- En regardant au loin, en regardant dehors
- Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

- On me dit à présent que ces mots n’ont plus cours
- Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour
- Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire
- Et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare

- Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter ?
- L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été
- Je twisterais les mots s’il fallait les twister
- Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez

- Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
- Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
- Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
- Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent

Le Chant des partisans - J. Kessel, M. Druon et A. Marly

- Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines
- Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne
- Ohé, partisans, ouvriers et paysans c’est l’alarme
- Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes...

- Montez de la mine, descendez des collines, camarades,
- Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades,
- Ohé, les tueurs, à vos armes et vos couteaux, tirez vite,
- Ohé, saboteurs, attention à ton fardeau, dynamite..

- C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères
- La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère
- II y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves
- Ici, nous, vois-tu, nous on marche, nous on tue ou on crève.

- Ici, chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe
- Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place,
- Demain du sang noir séchera au grand soleil sur nos routes
- Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute.